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Substrats
pour semis de Cactus
Gérard Denis |
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Comme
tout semeur averti le sait, il n'existe pas de recettes miracle
de mélanges terreux pour les semis de Cactus. Le but
de l'article n'est pas de clôturer un débat qui existe
depuis longtemps, mais de faire partager une expérience réussie,
après de longues années d'échecs, de déboires
et de discussions passionnées avec mes amis cactophiles.
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Rôle du substrat |
Son
rôle est de maintenir un environnement propice pour la germination
et la croissance des jeunes plantules. Pour cela, il doit répondre
à différents critères :
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humidité : capacité à retenir l'eau, à
sécher et à se réhumidifier facilement.
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qualités physico-chimiques : capacité à
retenir les engrais et à les restituer, acidité ou
basicité (PH).
-
sélectivité : capacité à favoriser
la croissance des plantes, au détriment des espèces
indésirables comme les champignons (Cryptogames).
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Types de substrats |
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On distingue deux types de substrats
de base, les substrats minéraux et les substrats organiques
Pour
les substrats minéraux, nous avons :
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La vermiculite : possède une bonne capacité
de rétention en eau tout en la restituant rapidement. Elle
inhibe le développement des champignons divers (cryptogames).
Par contre sa capacité à libérer les éléments
nutritifs est insuffisante. Ce substrat permet d'alléger
les mélanges avec des qualités mécaniques très
intéressantes. Il a la particularité de gonfler en
s'imbibant d'eau et de garder son volume en séchant, tout
en aérant le mélange qui reste bien homogène.
Constitué de cristaux de micas cuits au four, sa porosité
permet une aération permanente du substrat. Son aspect et
sa souplesse, si je peux me permettre le rapprochement, fait penser
à un soufflet d'accordéon.
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la perlite : possède les mêmes caractéristiques
que la vermiculite, mais une interaction mécanique très
différente. De densité très faible sa particularité
est de remonter à la surface avec les arrosages et de rompre
l'homogénéité du mélange. Ce point est
particulièrement sensible aves les jeunes plantules qui peuvent
se déraciner lors de l'arrosage.
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Le sable : choisiparmi les sables dits quartziques,
sa capacité de rétention en eau est faible et donc
peu performant pour l'échange des sels minéraux. Les
champignons ne se développent pas, ce qui n'est pas le cas
des algues.
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La pouzzolane : ses qualités sont multiples avec
une bonne sélectivité. Sa capacité de rétention
en eau est meilleure que le sable, due à sa porosité.
Il participe aux échanges minéraux en libérant
lui-même des éléments et à une bonne
homogénéité du mélange.
Pour
les substrats organiques, nous avons :
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La tourbe : ce substrat répond bien aux critères
d'humidité et d'échanges minéraux, ce qui profite
pleinement aux algues, champignons et cryptogames divers. On peut
lui reprocher de rendre le dépotage et le nettoyage des racines,
difficiles, en risquant d'arracher les radicelles. Il ne faut pas
non plus complètement la laisser sècher et une stérilisation
par tout autres méthodes que la vapeur la rend presque hygrophobe.
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Le terreau : correspond à la tourbe pour les
critères d'humidité, d'engrais et de mauvaise sélectivité.
Il doit être choisi le plus décomposé possible,
de préférence issus de feuilles et sans engrais rajouté.
En quantité adéquat, sa présence est souhaitable
pour un meilleur équilibre du complexe argilo-humique.
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L'argile, ou plus précisément , la terre de
jardin à proportion d'au moins 50% d'argile, correspond aussi
aux critères d'humidité, d'engrais et sélectivité
moyenne. Une « bonne terre de jardin » contient
une proportion d'environ 50 à 60 % d'argile, le reste étant
de l'humus, du sable et éléments minéraux de
tailles diverses. En séchant cette terre forme des espèces
de « flocons » grossiers qui se désagrègent
assez facilement. Cet aspect qui caractérise l'argile floculé
participe au bon équilibre du complexe argilo-humique. Sa
capacité à se rétracter en séchant aide
aussi à une bonne aération du mélange.
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Autres substrats |
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Issu
de la culture du Bonsaî, des substrats particuliers importés
du Japon peuvent être utilisé avec bonheur entre autres
pour les semis :
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L'akadama : roche volcanique légère recuite
au four. Possède les qualités d'une argile flocullé,
dont il emprunte l'aspect et la couleur, sans contenir initialement
de sels minéraux. Sa particularité est de former des
grains après concassage, qui selon le temps de séchage
avant utilisation, se désagrègent au fur et mesure
ou reste solidaire sans perdre de ses propriétés.
Un séchage de deux ans est nécessaire pour que les
grains ne se désagrègent plus à l'utilisation.
Sa capacité de rétention en eau est excellente avec
une re-humidification facile, ainsi que sa capacité à
enmagasiner et à restituer les engrais. Son Ph est neutre
et il ne possède pas d'éléments organiques.
Il possède donc des qualités intermédiaires
entre les substrats minéraux et les organiques.
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Ce
substrat est utilisé sans restriction au Japon pour cultiver
Ariocarpus, Turbinicarus et Astrophytum et pour une plante adule
peut être utilisé seul ou mélangé à
de la pouzzolane. Son inconvénient est d'être assez
cher et confidentiel dans sa distribution exclusive chez les spécialistes
en Bonsaî
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Le kanuma : terre minérale naturelle, récoltée
exclusivement au Japon, plus particulièrement dans la région
de culture des Azalées japonaises, les Satsuki.
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| Sous
forme de grain de diamètre variable, il est très poreux
et très friable. Ses qualités physico-chimiques sont
comparables à l'akadama. Sa particularité est un PH
acide (5), comme la tourbe, constant, avec un effet tampon sur l'eau
calcaire. Voilà pourquoi il est utilisé pur pour la
culture de plantes acidophiles comme l'Azalée. Ce substrat
se comporte particulièrement bien avec les boutures. Son inconvénient
est le même que l'akadama ; prix et approvisionnement difficile. |
Types de mélanges |
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Pour
constituer un environnement favorable à la germination et
au développement de plantules, il s'agit de mélanger
des substrats aux propriétés complémentaire,
dans des proportions variables selon les besoins des espèces,
mais permettant de convenir, par les éléments qui
constituent le mélange, au plus grand nombre.
Je
distingue deux types de mélanges de base, un mélange
minéral et un mélange organique.
Constitution
du mélange minéral :
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2 parts de vermiculite tamisée, pour une granulométrie
de 1 à 2 mm
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2 parts de pouzzolane tamisée, pour une granulométrie
de 1 à 2 mm. Dans le cas des espèces délicates
et des gypsophiles, de la poudre de pouzzolane est utilisée.
-
1 part de sable de quartz de 0,5 à 1 mm (Sable blanc lavé
pour bac à sable d'enfants) ou gypse pilé.
Le
mélange obtenu constitue la part minérale du mélange
définitif.
Constitution
du mélange organique :
-
4 parts de terre de jardin sèche, tamisée pour une
granulométrie de 1 à 2 mm, en triant, si possible,
les éléments organiques indésirables, racines,
jeunes pousse et graines. Pour le espèces ne supportant pas
le matières organiques, on peut remplacer la terre par de
l'akadama.
-
1 part de terreau de feuilles ou de tourbe blonde pour les espèces
ne supportant pas les matières organiques ou si vous n'avez
pas de terreau adéquat.
Le
mélange obtenu constitue la part organique du mélange
définitif.
Constitution
du mélange final :
Pour
la plupart des espèces, un mélange pour une moitié
de mélange minéral et une autre moitié de mélange
organique, conviendra. On peut facilement adapter le mélange
et changeant la part minérale/organique, en évitant
de dépasser de plus de 50 % la part organique. Dans tous
les cas, le respect des critères énoncés au
départ permet de réaliser des mélanges divers
et efficaces en conservant un rapport équilibré entre
la part minérale et organique, avec un Ph adapté.
Expériences :
Le
mélange standard 50/50 est particulièrement apprécié
par les Turbinicarpus, les Mammillaria, les Eriosyce au sens large
et bien d'autres espèces. Pour les espèces gypsophiles,
le mélange ,d'une granulomètrie très fine permet
le bon développement des Geohintonia, Strombocactus, Aztekium
et Blossfeldia. Pour les Ariocarpus, Sclerocatus ou autres « cryptophobes »,
la substitution de la terre de jardin par l'akadama permet d'éliminer
tout élément organique, mais si la terre de jardin
utilisée est bien argileuse, le mélange standard convient
parfaitement. L'utilisation du kanuma à la place de la pouzzolane
dans les mêmes proportions a donné de bons résultats
avec les Mammillaria de la section Dolichothele, les Matucanas et
les Noebesseya et convient pour beaucoup d'espèce surtout
les acidophiles comme Mammillaria senilis.
Pour
ma part, je ne procède à aucune stérilisation
des substrats. Je recouvre les graines, après semis d'une
fine couche de sable de quartz de 1 mm.
L'arrosage
initial est réalisé avec une dose d'engrais pour semis
(disponible à la boutique de l'AIAPS) réduite de moitié
et du fongicide (Thyrame ou Oxyquinoléine). Je saupoudre
à la surface ou incorpore au mélange des granulés
insecticides. La levée est effectuée sous mini-serre
chauffante ou non chauffé si le soleil est suffisant, avec
un température plus basse la nuit et une alternance de période
sèche et humide en fermant le couvercle de la mini-serre
durant deux mois ou plus selon les taux de germination.
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Adresses d'approvisionnement |
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Vermiculite : dans le rayon matériau des magasins
de bricolage, sous la forme d'un sac de 5O à 80 litres (Mais
à peine quelques kg) nommé Vermex, comme Castorama
au prix d'environ 1 F le litre.
Perlite :
magasins horticoles et spécialisé. On peut utiliser
de la Pumice (Pierre ponce passée au four) à la place.
Disponible en sac de 5 litres ches Kuentz.
Sable
de quartz fin : dans le rayon matériau des magasins
de bricolage, sous la forme d'un sac de 2O à 50 litres (Là
c'est lourd, attention le dos !). Déjà lavé
et trié pour les « Bacs à sable »
de nos chers bambins, il est prêt à l'emploi.
Pouzzolane :
disponible sporadiquement en jardinerie dans des granulométries
souvent trop grosses pour les semis, son approvisionnement est une
véritable quête pour certains.
Dans
la région grenobloise, le Graal a été déniché
par Laurent Courtois dans une jardinerie de la ZI de St Egrève
au bord de l'autoroute. Disponible en vrac en petite granulométrie,
son prix est très raisonnable.
Akadama
et Kanuma : chez les professionnels spécialisés
en Bonsaï, au prix de 90 à150
Fr les 50 litres. Personnellement, je me fournis au Bonsaï
ardéchois à Soyons, en dessous de Valence. C'est un
endroit qui peut être visité lors des manifestations
cactophiles d'Alba-la-romaine.
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