Les Bégonias succulents V.1

Gérard Denis & Catherine Colnot

Cet article est un premier jet et sera complété au fil du temps.

Voilà un genre peu connu dans le milieu des succulentes. Les espèces sont souvent difficiles à trouver dans le commerce, sauf pour b. partita et dregei, présentés sporadiquement dans les jardineries et quelquefois B. venosa dont le caractère succulent ne saute pas aux yeux.

On distingue deux types de succulence pour les Bégonias, les caudiciformes et les formes à caractère succulent. Cet article tient compte des espèces

que nous cultivons, dont la liste n'est pas exhaustive, et est sujette à controverse concernant la synonymie de certaines espèces.

Le genre Bégonia Linné englobe des plantes originaires des régions tropicales et sub-tropicales de l'Amérique, de l'Afrique et de l'Asie. Plus de 1000 espèces sont connues, mais seulement une minorité d'entre elles ont un caractère succulent.

La reproduction de ces espèces se fait par boutures de tiges, de feuilles pour certaines et par semis.


1) Bégonias caudiciformes

(Possédant un caudex ou tige renflée à la base de la plante)

Bégonia dregei
Bégonia dregei var. macbethii
Bégonia homonyma
Bégonia natalensis
Bégonia partita
Bégonia sonderiana

Ces espèces, originaires d'Afrique australe se caractérisent par une forme commune comprenant un caudex qui se forme dès les premières années et une ou plusieurs tiges ramifiées qui a leur somment portent les fleurs. Elles ont (à l'exception de B. partita et homonyma) la particularité de posséder deux formes de feuilles, une juvénile et une adulte. La forme juvénile est caractérisée par sa taille, de l'ordre de 2 cm, par des tâches blanches argentées. Les espèces présentées ont, à quelques détails près, le même aspect en ce qui concerne la couleur et la forme du caudex, et des tiges bien ramifiées. La détermination est difficile tant que les feuilles adultes ne sont pas apparues, révélant la particularité de chacune.

B. dregei, détail de la feuille adulte qui a gardé des points argentés.

B. dregei et sa variété macbethii, font partie des plus connus. Considéré par certains comme synonyme de B. sonderiana, homonyma et natalensis, car très proches les uns des autres, il faut attendre les feuilles adultes et la floraison pour les distinguer.

B. dregei v. mac bethii
Sur la même plante, on distingue les deux stades des feuilles

B. sonderiana et natalensis semblent plus vigoureux et possèdent une tige rougeâtre plus marquée.

B. homonyma ressemble beaucoup à B. dregei mais uniquement au stade juvénile des feuilles, maculées de tâches argentées et plus larges que chez les autres espèces, car elles ne changent pas d'aspect une fois adulte

B. partita se distingue des autres par des feuilles plus petites, découpées et un peu en forme de cœur. Elles ne sont jamais maculées : on n'en distingue pas de forme juvénile.
Avec l'âge, le tronc s'épaissit en stockant des réserves.
Caudex de B. partita
Ses fleurs sont blanc jaunâtre et quasi-identiques aux autres espèces caudiciformes. Elles sont caractéristiques du genre Bégonia, sur la même inflorescence ramifiée se trouvent d'un côté des fleurs femelles et de l'autre des fleurs mâles.
Fleurs de B. partita
B. natalensis Hook, provient du Natal comme son nom le fait penser. Il est décrit dans le manuel de Jacobsen comme une plante dont le caudex est un tubercule large et comprimé, gris brun, d'une hauteur moyenne de 10 à 15 cm ou plus.
Vue du caudex de B. natalensis et du revers rougeâtre des feuilles

Les tiges nodulaires forment des branches, très succulentes de couleur vert sale à cuivré, articulées, de 30 à 45 cm de haut. Les feuilles sont semi-cordées, en forme de cône, à bords grossièrement découpés en dents de scie, de couleur vert foncé et tachées de points blancs. Les branches de l'inflorescence se ramifient dichotomiquement, les fleurs sont blanc jaunâtre.
Je préciserai que Jacobsen décrit la forme juvénile des feuilles.

2) Bégonias succulents :

Ces plantes très résistantes à la sécheresse ont les feuilles et les tiges couvertes d'une pruine laineuse et blanchâtre qui semble jouer un rôle dans la résistance à la dessiccation.

B. venosa Skan. est originaire du Brésil. Sa tige est épaisse et érigée, jusqu'à 60 cm de haut. Les feuilles auriculées en forme de rein sont reliées à la tige par un épais pétiole de 6 à 7 cm de long, sont épaisses de plus de 1 mm, couverte d'une pruine laineuse sur les 2 faces. Un épais cuticule de 4 à 5 cm de long, presque transparent et veiné, protège la base du pétiole. Les fleurs sont nombreuses, de couleur blanche.

B. venosa
B. peltata Lindl. (Syn : incana), est originaire du Mexique. Sa tige charnue est érigée. Les feuilles charnues, épaisses et ovales sont reliés à la tige par un pétiole de 10 cm de long. Les fleurs sont de couleur blanc rosé.
B. peltata